Nos domaines d'expertise
Avocat en arbitrage et exequatur à Istanbul, Turquie
Cette page s’adresse aux sociétés étrangères qui ont un cocontractant turc, ainsi qu’à toute personne détenant un jugement étranger ou une sentence arbitrale contre une partie possédant des biens en Turquie. Nous rédigeons des clauses compromissoires, engageons et conduisons des arbitrages, introduisons des actions en reconnaissance et en exequatur (tenfiz) devant le tribunal de commerce ou le tribunal civil turc compétent, puis poursuivons l’exécution forcée sur les biens du débiteur en Turquie.
Un jugement ou une sentence étrangère ne peut pas être exécuté en Turquie tant qu’un tribunal turc n’en a pas accordé l’exequatur. Les conditions sont toutefois fixées par la loi et, en règle générale, le tribunal ne rejuge pas le fond de votre affaire.
Quand avez-vous besoin d’un avocat en arbitrage et exequatur en Turquie ?
Les dossiers que nous traitons relèvent généralement de l’une des situations suivantes :
- Vous êtes sur le point de contracter avec une société turque (fournisseur, distributeur, entrepreneur ou partenaire de coentreprise) et vous voulez une clause de règlement des litiges qui fonctionne réellement en cas de difficulté.
- Vous avez obtenu gain de cause dans un arbitrage à l’étranger, à Londres, Paris, Genève, Singapour ou ailleurs, mais les comptes bancaires, les biens immobiliers ou les créances de la partie perdante se trouvent en Turquie.
- Vous détenez un jugement étranger portant sur une dette, des dommages et intérêts ou une créance commerciale et vous devez le recouvrer en Turquie.
- Vous êtes une société turque visée par une sentence ou un jugement étranger et une action en exequatur a été introduite contre vous. Vos moyens de défense doivent être soulevés à temps.
- Votre arbitrage a son siège en Turquie, le plus souvent à Istanbul, et vous avez besoin d’un conseil pour la procédure ou pour l’assistance des tribunaux, comme les mesures provisoires.
Si la relation peut encore être préservée, il vaut la peine d’envisager d’abord la médiation.
Le cadre juridique de l’arbitrage en Turquie
Le droit turc fait coexister deux régimes d’arbitrage. Savoir lequel s’applique compte davantage que la plupart des parties ne l’imaginent.
- La loi n° 4686 sur l’arbitrage international : elle s’applique lorsque le siège de l’arbitrage est en Turquie et que le litige comporte un élément d’extranéité, par exemple lorsqu’une partie est établie à l’étranger ou que les capitaux viennent de l’étranger. Les parties ou le tribunal arbitral peuvent aussi choisir de l’appliquer.
- Les dispositions sur l’arbitrage du Code de procédure civile n° 6100 (HMK) : elles régissent l’arbitrage purement interne, sans élément d’extranéité.
- La Convention de New York de 1958 : la Turquie y est partie. Selon notre compréhension, la Turquie l’a ratifiée avec les réserves de réciprocité et de commercialité ; elle s’applique donc aux sentences rendues dans un autre État contractant sur des litiges considérés comme commerciaux en droit turc.
- Le Code turc de droit international privé et de procédure civile internationale n° 5718 (MÖHUK) : il fixe la procédure et les conditions de la reconnaissance et de l’exequatur des jugements étrangers, ainsi que des sentences étrangères qui ne relèvent pas de la Convention.
Deux institutions reviennent souvent en pratique : le Centre d’arbitrage d’Istanbul (ISTAC) et la Cour internationale d’arbitrage de la CCI. Notre guide de l’avocat sur l’ISTAC et notre guide sur l’arbitrage international et son application en Turquie les présentent plus en détail.
Rédiger la clause et engager un arbitrage
Les difficultés d’exécution naissent généralement au stade de la rédaction.
Ce que contient une clause compromissoire efficace
- Un choix clair et impératif de l’arbitrage. Une formule comme « pourra être soumis à l’arbitrage » ouvre la porte à un débat sur la compétence.
- Un arbitrage institutionnel ou ad hoc et, s’il est institutionnel, le nom exact de l’institution et de son règlement.
- Le siège, la langue et le nombre d’arbitres.
- La loi applicable au contrat.
- Les éventuelles étapes préalables à l’arbitrage (négociation ou médiation) assorties d’un délai déterminé.
La convention d’arbitrage doit être écrite. Tous les litiges ne sont pas non plus arbitrables : les litiges portant sur des droits réels sur des immeubles situés en Turquie et les matières dont les parties ne peuvent pas librement disposer ne peuvent généralement pas être soumis à l’arbitrage. Si votre contrat touche à un bien immobilier turc, faites vérifier la clause avant de signer.
Engager l’arbitrage
- Prouvez que les éventuelles conditions préalables contractuelles (notification, négociation, médiation) ont été remplies.
- Pour un arbitrage institutionnel, déposez une demande d’arbitrage auprès de l’institution choisie, comme l’ISTAC ou la CCI, conformément à son règlement, et payez les frais de dépôt. Pour un arbitrage ad hoc, notifiez l’avis d’arbitrage à l’autre partie.
- Désignez les arbitres et constituez le tribunal arbitral.
- Si nécessaire, demandez à un tribunal turc ou au tribunal arbitral des mesures provisoires ou une saisie conservatoire (ihtiyati haciz) pour empêcher le déplacement des actifs.
- Mémoires écrits, preuves, audiences et sentence finale.
Une sentence rendue en Turquie ne peut être contestée que par un recours en annulation, pour des motifs limités et dans un délai court et strict. Une fois ce délai manqué, le droit de contester est, en pratique, perdu. Pour une comparaison entre tribunaux étatiques et arbitrage, consultez notre guide du contentieux commercial et de l’arbitrage.
Faire exécuter une sentence arbitrale étrangère en Turquie, étape par étape
- Vérification préalable : confirmez que la sentence a été rendue dans un État partie à la Convention de New York, que le litige est commercial, que la sentence est obligatoire pour les parties et que le débiteur possède effectivement des biens en Turquie.
- Préparer les documents : l’original ou une copie certifiée conforme de la sentence et de la convention d’arbitrage, avec une apostille ou une légalisation consulaire et une traduction turque assermentée.
- Introduire l’action en exequatur : en matière commerciale, elle est en règle générale portée devant le tribunal de commerce de première instance (asliye ticaret mahkemesi). Sauf accord des parties sur un tribunal, la compétence appartient en général au tribunal du domicile du défendeur en Turquie ou, à défaut, du lieu où se trouvent les biens sur lesquels l’exécution doit porter.
- Signification et défense : l’assignation est signifiée au défendeur, qui peut invoquer les motifs limités énumérés par la Convention : convention d’arbitrage invalide, absence de notification régulière ou impossibilité de faire valoir ses moyens, sentence excédant les termes du compromis, irrégularité dans la constitution du tribunal arbitral ou dans la procédure, ou sentence non encore obligatoire ou annulée au siège.
- Motifs examinés d’office par le tribunal : l’arbitrabilité de l’objet du litige en droit turc et le caractère manifestement contraire à l’ordre public turc de l’exequatur.
- Jugement et voies de recours : la décision peut faire l’objet d’un appel devant la cour d’appel régionale, puis d’un pourvoi devant la Cour de cassation (Yargıtay). Le recours suspend l’exécution du jugement d’exequatur (art. 57 MÖHUK).
- Exécution forcée : muni du jugement d’exequatur, vous ouvrez une procédure d’exécution fondée sur un jugement auprès de l’office d’exécution (icra dairesi) et faites saisir les comptes bancaires, biens immobiliers, véhicules et créances. Notre article sur la conduite d’une procédure de recouvrement de créances explique cette étape.
Pour la structure de la requête elle-même, consultez notre guide sur la reconnaissance et l’exequatur des sentences arbitrales étrangères.
Faire exécuter un jugement étranger en Turquie
Les jugements étrangers sont régis par la MÖHUK. L’exequatur rend un jugement exécutoire. La reconnaissance lui confère l’autorité de la chose jugée ou une force probante, sans exécution ; l’inscription d’un divorce étranger à l’état civil turc en est l’exemple classique. Les actions en exequatur sont généralement portées devant le tribunal civil de première instance (asliye hukuk mahkemesi), devant le tribunal de commerce lorsque le jugement porte sur une matière commerciale, et devant le tribunal de la famille (aile mahkemesi) pour les jugements de droit de la famille comme les divorces.
Le tribunal examine principalement les conditions suivantes :
- Le jugement est définitif selon le droit du pays où il a été rendu.
- Il existe une réciprocité entre la Turquie et ce pays, par un traité, une règle légale ou une pratique effective.
- Le jugement ne porte pas sur une matière relevant de la compétence exclusive des tribunaux turcs.
- Il n’est pas manifestement contraire à l’ordre public turc.
- Le défendeur a été régulièrement cité et représenté et a pu se défendre (examiné si le défendeur soulève une objection sur ce point).
La réciprocité est la condition qui ralentit le plus souvent un dossier. Notre guide sur la procédure d’exequatur des jugements étrangers l’examine pas à pas, et les jugements de droit de la famille sont traités dans la reconnaissance et l’exequatur des divorces étrangers.
| Point | Sentence arbitrale étrangère | Jugement étranger |
|---|---|---|
| Source principale | Convention de New York ; MÖHUK en dehors de celle-ci | MÖHUK et tout traité bilatéral |
| Réciprocité | Sentence rendue dans un État partie à la Convention | Traité, loi ou pratique effective |
| Statut de la décision | Obligatoire pour les parties | Définitive (autorité de la chose jugée) dans le pays d’origine |
| Obstacles typiques | Inarbitrabilité, violation manifeste de l’ordre public, atteinte au droit d’être entendu | Compétence exclusive turque, violation manifeste de l’ordre public, atteinte aux droits de la défense |
Les documents dont vous aurez besoin
- L’original de la sentence ou du jugement, ou une copie dûment certifiée conforme.
- Pour les jugements, un certificat ou une mention attestant que le jugement est définitif.
- Pour les sentences, l’original ou une copie certifiée conforme de la convention d’arbitrage ou du contrat contenant la clause.
- Une apostille sur chaque document (pour les pays parties à la Convention de La Haye sur l’apostille) ou une légalisation consulaire pour les autres pays.
- Des traductions turques assermentées de l’ensemble des pièces, certifiées par notaire lorsque c’est exigé.
- Une procuration signée et apostillée à l’étranger, ou signée dans un consulat turc.
- Pour les sociétés, des documents du registre à jour prouvant leur existence et le pouvoir de signature.
Il peut, en règle générale, être demandé à un demandeur étranger de fournir une caution pour les frais. Un traité ou la réciprocité peut vous en dispenser, et nous le vérifions au cas par cas.
Combien de temps cela prend
Personne ne peut vous donner une date précise. Les étapes types sont les suivantes :
- Préparation des documents : les apostilles, les traductions et la procuration prennent généralement quelques semaines.
- Première instance : les actions en exequatur suivent la procédure simplifiée. Si le défendeur se trouve en Turquie, une décision de première instance intervient généralement dans un délai de plusieurs mois à environ un an. Une signification à l’étranger peut allonger considérablement ce délai.
- Voies de recours : si le défendeur exerce un recours, comptez une année supplémentaire ou davantage, selon la charge des juridictions.
- Exécution forcée : les saisies peuvent commencer peu après que le jugement est devenu exécutoire si des biens ont été identifiés ; une vente forcée d’immeuble peut prendre plusieurs mois de plus.
Les frais de justice sont actualisés chaque année et dépendent du montant en litige ; nous calculons donc les montants en vigueur avant le dépôt.
Ce que nous faisons dans ces dossiers
- Examiner les contrats et les clauses compromissoires au regard du droit turc et en rédiger de nouvelles.
- Évaluer les chances d’exécution avant que vous n’engagiez des frais : risques liés à la réciprocité, au caractère définitif, à l’ordre public et aux droits de la défense.
- Effectuer les recherches de biens autorisées par le droit turc.
- Préparer la requête en exequatur ou en reconnaissance et gérer la traduction et la légalisation.
- Vous représenter devant le tribunal de commerce ou le tribunal civil de première instance et en appel.
- Demander une saisie conservatoire ou des mesures provisoires lorsque les conditions sont réunies.
- Ouvrir la procédure d’exécution sur la base du jugement d’exequatur et suivre les saisies jusqu’à leur terme.
- Défendre des sociétés turques contre des actions en exequatur fondées sur des sentences ou des jugements étrangers.
Les clients à l’étranger n’ont pas besoin de se déplacer : nous travaillons sur la base d’une procuration apostillée. Nous travaillons en anglais, en français et en turc. Pour les litiges contractuels et sociétaires en général, consultez nos services en droit commercial.
Erreurs fréquentes
- Une clause pathologique : désigner une institution qui n’existe pas, ou prévoir « l’arbitrage ou les tribunaux ». Utilisez le nom officiel de l’institution et sa clause type.
- Des documents manquants : introduire l’action sans copie certifiée de la convention d’arbitrage ni preuve du caractère définitif. Cela seul peut ajouter plusieurs mois.
- Une traduction négligée : une erreur sur la devise, les intérêts ou le nom d’une partie dans le dispositif crée des difficultés à l’office d’exécution. Faites vérifier la traduction par un avocat.
- Ignorer le risque de dissipation des actifs : une fois l’action signifiée, le débiteur a le temps de déplacer ses biens. Envisagez une saisie conservatoire dès le départ lorsque c’est possible.
- Des moyens de défense tardifs : un défendeur turc qui ne soulève pas ses objections rapidement et preuves à l’appui peut les perdre définitivement.
Pour discuter d’un dossier précis, contactez-nous par notre page contact.
Questions fréquentes
Une sentence arbitrale étrangère peut-elle être exécutée directement en Turquie ?
Non. Un tribunal turc doit d’abord accorder l’exequatur. Une fois le jugement d’exequatur obtenu, vous pouvez engager la procédure d’exécution auprès de l’office d’exécution.
Quel tribunal turc connaît d’une action en exequatur ?
Les matières commerciales relèvent en général du tribunal de commerce de première instance, les matières de droit de la famille du tribunal de la famille et les autres matières du tribunal civil de première instance. La compétence suit habituellement le domicile du défendeur en Turquie et, pour les sentences, un tribunal convenu ou le lieu des biens peut aussi entrer en ligne de compte.
Le tribunal turc va-t-il rejuger le fond de mon affaire ?
En règle générale, non. Le tribunal vérifie si les conditions légales et conventionnelles sont remplies, et non si la décision étrangère était fondée. L’ordre public est interprété de manière restrictive.
La Turquie est-elle partie à la Convention de New York ?
Oui. Les sentences rendues dans un autre État contractant sur des litiges commerciaux sont exécutées selon la Convention, le tribunal turc appliquant la MÖHUK pour la procédure.
Comment prouver la réciprocité pour un jugement étranger ?
Un traité entre les deux pays peut la régler. À défaut, vous démontrez que le droit ou la pratique judiciaire du pays étranger permet l’exécution des jugements turcs sur son territoire. Les tribunaux peuvent aussi demander des informations par la voie officielle.
Dois-je choisir l’ISTAC ou la CCI pour un arbitrage ayant son siège à Istanbul ?
Non. Vous pouvez choisir l’ISTAC, la CCI, une autre institution ou un arbitrage ad hoc. L’essentiel est que la clause soit claire et applicable.
Puis-je faire exécuter un jugement en Turquie sans m’y rendre ?
Oui. Grâce à une procuration signée et apostillée à l’étranger, ou signée dans un consulat turc, votre avocat peut mener l’action en justice et la phase d’exécution. Une comparution personnelle n’est généralement pas requise.
Les intérêts et les frais alloués à l’étranger sont-ils également exécutoires ?
Les intérêts et les frais mentionnés dans le dispositif de la décision peuvent, en règle générale, être inclus dans la demande d’exequatur. Le mode de calcul des intérêts, et la question de savoir s’il soulève des difficultés d’ordre public, sont appréciés au cas par cas.
Notre façon de travailler
Les clients à l'étranger peuvent être représentés par procuration, sans se déplacer en Turquie.
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Écrivez ou appelez avec un bref résumé de votre affaire. Nous vous indiquons si elle relève de nos domaines.
Analyse
Nous examinons vos documents et expliquons la situation juridique, les options et les étapes probables en droit turc.
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L'étendue de la mission et les honoraires sont convenus par écrit avant le début du travail.
Représentation et suivi
Nous agissons pour vous devant les tribunaux, les administrations et la partie adverse, et vous informons à chaque étape.
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