Droit de la famille en Turquie : explication des procédures d'adoption
En Turquie, la procédure d'adoption est régie par le Code civil turc, notamment ses articles 305 à 320, ainsi que par le règlement de l'Institution...
Auteur: Avocat Kaan Karanfiloğlu
· · 20 min de lecture

En Turquie, l'action pour dénonciation calomnieuse (iftira davası) commence, techniquement, par une dénonciation pénale (suç duyurusu) adressée au parquet général de la République (Cumhuriyet Başsavcılığı) : la dénonciation calomnieuse est une infraction prévue à l'article 267 du Code pénal turc (Türk Ceza Kanunu, TCK), qui n'est pas subordonnée à une plainte et que le parquet poursuit d'office. En pratique, la démarche intervient une fois que l'accusation mensongère s'est soldée par une décision en votre faveur. Vous pouvez en outre demander réparation de votre préjudice matériel et moral devant une juridiction civile.
Une plainte inventée de toutes pièces a été déposée contre vous, vous avez été entendu, vous avez peut-être traversé une enquête ou un procès de plusieurs mois, et vous avez finalement obtenu une décision de non-lieu (kovuşturmaya yer olmadığı kararı) ou un acquittement (beraat). La question qui vous occupe est simple : la personne qui a agi en connaissance de cause en subira-t-elle les conséquences ? Nous présentons ci-dessous les éléments de l'infraction de dénonciation calomnieuse, ce qui la distingue de l'insulte et de la simulation d'infraction, le moment et le lieu de la démarche, les preuves, la voie de l'indemnisation et les erreurs les plus fréquentes.
Ce que l'on appelle couramment « procès pour dénonciation calomnieuse » recouvre deux voies de droit distinctes.
Les deux voies sont indépendantes l'une de l'autre, mais elles s'influencent. Les déclarations recueillies dans le dossier pénal, et surtout une décision de condamnation, constituent un appui solide dans l'action en indemnisation. C'est pourquoi, dans la plupart des dossiers, la dénonciation pénale vient en premier et le calendrier de l'action en indemnisation est fixé en fonction de l'évolution du dossier pénal.
La dénonciation calomnieuse n'étant pas subordonnée à une plainte, le parquet est tenu d'agir d'office dès qu'il a connaissance de l'infraction. Déclarer ensuite « je retire ma plainte » ne met pas fin au dossier. En règle générale, la dénonciation calomnieuse ne figure pas non plus parmi les infractions relevant de la conciliation pénale (uzlaşma) ; même si les parties trouvent un accord entre elles, l'enquête se poursuit.
En résumé, la loi définit la dénonciation calomnieuse comme le fait d'imputer à une personne un acte illicite tout en sachant qu'elle ne l'a pas commis, par une dénonciation ou une plainte auprès des autorités compétentes ou par voie de presse et de publication, dans le but de faire ouvrir contre elle une enquête ou des poursuites ou de lui faire infliger une sanction administrative. La forme simple est punie d'un emprisonnement d'un à quatre ans.
Pour qu'un fait constitue une dénonciation calomnieuse, les éléments suivants doivent être réunis :
L'élément le plus discuté est la condition de connaissance (« en sachant »). Le fait que la plainte déposée contre vous soit restée sans suite ne prouve pas, à lui seul, que son auteur vous a calomnieusement dénoncé. Par exemple, lorsqu'un non-lieu est rendu pour insuffisance de preuves, le parquet examine séparément la possibilité que le plaignant ait réellement cru aux faits qu'il dénonçait. Porter plainte fait partie de la liberté de rechercher justice (hak arama özgürlüğü), protégée par la Constitution. La dénonciation calomnieuse n'entre en jeu que lorsque ce droit est délibérément détourné.
La loi prévoit en outre des circonstances aggravantes. La peine est alourdie notamment lorsque l'acte est commis en fabriquant des traces matérielles et des preuves, lorsque la dénonciation calomnieuse entraîne contre la victime une mesure coercitive (koruma tedbiri) telle qu'une garde à vue ou une détention provisoire, ou lorsque la victime est condamnée à tort. Dans les dossiers aux conséquences graves, la fourchette des peines est bien plus élevée que pour la forme simple, et la juridiction appelée à juger l'affaire peut aussi changer.
Ces trois infractions sont souvent confondues. Une mauvaise qualification peut vous faire manquer le délai pour agir, en particulier en matière d'insulte.
| Question | Dénonciation calomnieuse (iftira, art. 267 TCK) | Insulte (hakaret, art. 125 TCK) | Simulation d'infraction (suç uydurma, art. 271 TCK) |
|---|---|---|---|
| Une personne déterminée est-elle visée ? | Oui | Oui | Non, l'auteur ne désigne personne |
| Nature de l'acte | Imputation délibérément mensongère d'une infraction ou d'un acte passible de sanction administrative, auprès d'une autorité compétente ou par voie de presse | Imputation d'un acte ou d'un fait concret portant atteinte à l'honneur, à la dignité et à la considération, ou propos injurieux (sövme) | Signaler une infraction non commise comme si elle l'avait été, ou fabriquer des preuves d'une infraction |
| Qui engage les poursuites ? | Le parquet, d'office | En règle générale, sur plainte de la victime | Le parquet, d'office |
| Délai pour agir | Pas de délai de plainte ; la prescription de l'action publique s'applique | En règle générale, 6 mois à compter de la connaissance de l'acte et de son auteur ; dans tous les cas, 2 ans à compter de l'acte | Pas de délai de plainte ; la prescription de l'action publique s'applique |
Prenons un exemple concret. Si votre voisin écrit que vous êtes un voleur dans un groupe de messagerie de la résidence qui touche au moins trois personnes, il s'agit en règle générale d'une insulte. Si la même personne se rend au commissariat et porte plainte contre vous pour vol tout en sachant que vous n'avez rien volé, il peut s'agir d'une dénonciation calomnieuse. Si elle a fait les deux, les deux infractions entrent en jeu ensemble, et le délai de six mois court séparément pour la partie relative à l'insulte. Pour les démarches en matière d'insulte, vous pouvez consulter nos articles sur la plainte pour menace et insulte et sur l'insulte sur les réseaux sociaux.
La loi ne pose aucune condition du type « vous devez d'abord avoir été acquitté ». Toutefois, pour apprécier une allégation de dénonciation calomnieuse, le parquet examine l'issue du premier dossier, car c'est souvent dans ce dossier qu'il apparaît que vous n'avez pas commis l'acte imputé. C'est pourquoi, en pratique, la démarche est généralement effectuée une fois que l'une des décisions suivantes est devenue définitive :
Agir plus tôt n'est pas interdit. Vous pouvez déposer une dénonciation pénale alors que le premier dossier est encore en cours ; mais dans ce cas, le parquet attend souvent l'issue du premier dossier, ou peut rendre un non-lieu faute de preuves suffisantes. Dans les dossiers qui nous sont soumis, nous constatons que la voie la plus sûre consiste à rassembler les preuves pendant que le premier dossier suit son cours, puis à déposer la dénonciation pénale une fois la décision devenue définitive, accompagnée d'une copie portant la mention du caractère définitif (kesinleşme şerhi).
La dénonciation calomnieuse n'étant pas subordonnée à une plainte, le délai de plainte de six mois applicable à l'insulte ne joue pas ici. Ce sont les délais de prescription de l'action publique prévus à l'article 66 TCK qui s'appliquent. Ces délais sont déterminés en fonction du maximum de la peine prévue par la loi pour l'infraction ; pour la forme simple de la dénonciation calomnieuse, le délai est en règle générale de huit ans, et il peut être plus long pour les formes aggravées. La loi prévoit en outre, pour la dénonciation calomnieuse, une règle de point de départ particulière : la prescription de l'action publique commence à courir à la date à laquelle l'innocence de la victime est établie, c'est-à-dire, en pratique, le plus souvent à la date à laquelle la décision rendue en sa faveur est devenue définitive. Attendre affaiblit néanmoins le dossier. Des années plus tard, les témoins ne se souviennent plus des faits, et les enregistrements de vidéosurveillance et de circulation ont été effacés.
Si un dossier ouvert contre vous à la suite d'une dénonciation calomnieuse est toujours en cours, votre priorité est la défense ; notre article sur la défense pénale peut vous orienter.
Il est impossible d'indiquer une durée précise ; la charge de travail du parquet, la nature des preuves et le temps nécessaire pour se faire communiquer le premier dossier sont déterminants. La phase d'enquête dure généralement de quelques mois à un an. Si l'acte d'accusation est accepté, la forme simple relève en règle générale du tribunal correctionnel de première instance (asliye ceza mahkemesi), et le procès peut, en plusieurs audiences, dépasser un an. S'y ajoutent éventuellement la phase d'appel devant la cour d'appel régionale (istinaf) et, selon le quantum de la peine, celle du pourvoi en cassation (temyiz).
Dans un dossier de dénonciation calomnieuse, deux choses doivent être prouvées : que l'imputation était contraire à la vérité, et que le plaignant le savait. Le premier point ressort souvent de la décision rendue dans le premier dossier. Le second exige des preuves distinctes. Les principales preuves utilisables sont les suivantes :
Pour les preuves numériques, une capture d'écran est souvent insuffisante à elle seule. Conservez le téléphone contenant les messages, le numéro de l'expéditeur et les informations de date ; faites une sauvegarde avant de changer d'appareil. Une preuve obtenue de manière illicite, par exemple des échanges récupérés en accédant sans autorisation au téléphone d'autrui, risque non seulement d'être écartée, mais aussi d'engager votre propre responsabilité. La valeur probante d'un enregistrement audio clandestin est quant à elle très limitée et discutée. Nous vous recommandons de prendre conseil avant de franchir un tel pas.
La loi prévoit une réduction de peine lorsque l'auteur de la dénonciation calomnieuse se rétracte. Le taux de réduction varie selon le stade auquel le repentir intervient. Celui qui se rétracte avant l'ouverture d'une enquête contre la victime bénéficie de la réduction la plus importante ; la réduction diminue si la rétractation intervient après l'engagement des poursuites ou après la condamnation de la victime. Lorsque la dénonciation calomnieuse a été commise par voie de presse et de publication, le repentir doit en règle générale être publié par la même voie.
Cette règle a une portée pratique pour la victime. Si le plaignant revient sur ses déclarations pendant que le premier dossier est en cours et reconnaît que l'imputation était fausse, cette déclaration peut contribuer à la clôture de votre dossier. La réduction ne signifie pas pour autant que la dénonciation calomnieuse n'a pas été commise. Une dénonciation pénale reste possible, et le tribunal fixe la peine en appliquant la réduction.
La dénonciation calomnieuse est également un acte illicite (haksız fiil). Selon l'article 49 du Code turc des obligations n° 6098 (Türk Borçlar Kanunu, TBK), quiconque cause un dommage à autrui par un acte fautif et illicite est tenu de le réparer. L'article 58 TBK prévoit quant à lui que la personne qui subit une atteinte à ses droits de la personnalité peut demander une réparation morale.
L'action en indemnisation est introduite devant le tribunal civil de première instance. Vous n'êtes pas obligé d'attendre l'issue du dossier pénal ; le juge civil peut toutefois surseoir à statuer dans l'attente du dossier pénal, ou s'appuyer sur les preuves qui y figurent. En règle générale, la décision d'acquittement rendue par le juge pénal ne lie pas le juge civil, mais les constatations relatives à l'existence de l'acte contenues dans une décision de condamnation constituent un appui solide. La prescription est régie par l'article 72 TBK : en règle générale, deux ans à compter de la connaissance du dommage et de la personne responsable et, dans tous les cas, dix ans à compter de l'acte ; si l'acte constitue une infraction pour laquelle les lois pénales prévoient une prescription plus longue, c'est ce délai qui s'applique. Les frais de justice versés lors de l'introduction de l'action sont actualisés chaque année ; il faut vérifier les montants en vigueur à la date de l'action. Pour en savoir plus sur les postes d'indemnisation, vous pouvez consulter nos articles sur les préjudices matériels et moraux et sur la demande d'indemnisation dans les affaires d'insulte.
En résumé, l'action pour dénonciation calomnieuse commence par une dénonciation pénale et tire sa force de deux éléments : une décision définitive rendue en votre faveur, et des preuves montrant que l'autre partie savait qu'elle mentait. La voie pénale et la voie indemnitaire doivent être planifiées séparément, et les délais calculés dès le départ. Ne vous précipitez pas, mais ne prenez pas non plus l'attente pour une stratégie.
Si vous souhaitez obtenir un avis juridique sur votre propre situation, le Cabinet d'avocats Karanfiloglu est un cabinet d'avocats enregistré à Istanbul qui accompagne des clients étrangers et turcs dans toute la Turquie. Vous pouvez nous joindre par téléphone ou WhatsApp au +90 532 659 35 11, par e-mail à karanfiloglu.lawyer@gmail.com, ou vous rendre à notre cabinet situé Merkez Mah. Hasat Sk. No:12, 34384 Şişli / İstanbul. Pour nos travaux en matière de dénonciation calomnieuse et d'autres dossiers pénaux, vous pouvez consulter notre page droit pénal et nous contacter pour discuter de votre situation.
La loi ne pose pas une telle condition. Toutefois, comme le caractère mensonger de l'imputation ressort souvent de l'issue du premier dossier, la dénonciation pénale est en pratique généralement déposée une fois que la décision de non-lieu ou d'acquittement est devenue définitive. Lorsque la démarche est faite plus tôt, le parquet attend le plus souvent l'issue du premier dossier.
La dénonciation pénale peut être adressée au parquet général de la République ou aux forces de l'ordre, comme la police ou la gendarmerie. On privilégie généralement le parquet du lieu où la dénonciation calomnieuse a été commise. La démarche se fait par requête écrite, sans frais de justice ; elle peut aussi être transmise par l'intermédiaire d'un avocat via UYAP.
La dénonciation calomnieuse n'étant pas subordonnée à une plainte, le parquet mène l'enquête d'office. En règle générale, le désistement de la victime ou un accord entre les parties ne met pas fin au dossier. Renoncer à la plainte influe tout au plus sur votre décision d'introduire ou non une action en indemnisation.
Selon l'article 267 TCK, la forme simple est punie d'un emprisonnement d'un à quatre ans. La peine est alourdie notamment lorsque des preuves ont été fabriquées, lorsqu'une mesure telle qu'une garde à vue ou une détention provisoire a été appliquée à la victime, ou lorsque la victime a été condamnée à tort. Si l'auteur se rétracte, la réduction pour repentir actif prévue à l'article 269 TCK peut entrer en jeu.
L'insulte porte atteinte à l'honneur et à la considération d'une personne et, en règle générale, elle n'est poursuivie que sur plainte ; le délai de plainte est de six mois à compter de la connaissance de l'acte et de son auteur et ne peut en aucun cas dépasser deux ans à compter de la date de l'acte. La dénonciation calomnieuse consiste, elle, à imputer délibérément et mensongèrement une infraction ou un acte passible de sanction administrative, auprès des autorités compétentes ou par voie de presse, dans le but de faire ouvrir une enquête contre la victime ; le parquet la poursuit d'office.
C'est possible. La loi vise aussi l'imputation faite par voie de presse et de publication, et en pratique les publications accessibles à tous sur les réseaux sociaux peuvent être appréciées dans ce cadre. Encore faut-il que la publication ait pour but de faire ouvrir une enquête ou d'obtenir une sanction contre vous. À défaut, les faits sont plutôt traités comme une insulte.
La phase d'enquête dure généralement de quelques mois à un an ; si une action est engagée, le procès devant le tribunal correctionnel de première instance peut dépasser un an, et l'appel (istinaf) puis, selon le quantum de la peine, le pourvoi en cassation (temyiz) peuvent s'y ajouter. Ces durées varient d'un dossier à l'autre et ne donnent qu'une idée générale.
La loi ne fixe aucun montant. Le juge l'apprécie en tenant compte de la gravité de l'imputation, de l'ampleur de sa diffusion, de ses conséquences telles qu'une garde à vue ou une détention provisoire, et de la situation des parties. Il ne serait donc pas correct d'avancer un chiffre sans avoir examiné votre dossier ; il importe de motiver le montant demandé.
Me Kaan Karanfiloğlu est le fondateur du Cabinet d'avocats Karanfiloglu, cabinet d'avocats enregistré basé à Istanbul qui accompagne des clients turcs et internationaux dans toute la Turquie. Il est avocat inscrit au barreau d'Istanbul (n° 58270) et à l'Union des barreaux de Turquie (n° 133074), et exerce la profession d'avocat en Turquie depuis 2017. Il est titulaire d'une licence en droit (LL.B.) de la faculté de droit de l'Université Galatasaray, obtenue en 2016, et conseille ses clients en turc, en anglais et en français ; les clients russophones et sinophones sont accompagnés par des conseillers du cabinet dont c'est la langue maternelle. Il est également médiateur inscrit (n° 41909).
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