Mesures juridiques pour résoudre les conflits de limites de propriété
En Turquie, la gestion des litiges relatifs aux limites de propriété exige une connaissance approfondie du droit civil et du droit foncier.
Auteur: Avocat Kaan Karanfiloğlu
· · 21 min de lecture

Dans la transformation urbaine (kentsel dönüşüm), la perte de droits ne vient le plus souvent pas du fait que l'immeuble est jugé à risque, mais du contrat signé, des délais de recours et d'action manqués et d'une cession de quote-part de terrain (arsa payı) consentie sans sûreté. Pour protéger vos droits, il faut contrôler dans les délais le constat de bâtiment à risque et la décision des copropriétaires, examiner clause par clause le contrat de construction en contrepartie d'appartements (kat karşılığı inşaat sözleşmesi) avant de le signer et lier le transfert du titre de propriété (tapu) à l'avancement des travaux.
Ce guide présente successivement le fonctionnement de la loi n° 6306, les points où les droits se perdent en pratique, ce qu'il faut rechercher dans le contrat et la voie de la juridiction administrative. Pour un cadre général sur la procédure et la structure du contrat, vous pouvez aussi consulter notre article procédures juridiques dans la transformation urbaine.
Dans la transformation urbaine, la perte de droits signifie que le propriétaire n'obtient pas une contrepartie équivalente à la valeur de son bien avant la transformation, ou qu'il ne l'obtient que tardivement, partiellement, voire jamais. La perte ne survient pas en une seule fois. Elle résulte le plus souvent d'une série de petites décisions liées entre elles.
Les principaux types de pertes que nous rencontrons en pratique sont les suivants :
La plupart de ces pertes peuvent être évitées. Mais les précautions doivent être prises avant le début des travaux.
Le texte de base de la transformation urbaine est la loi n° 6306 relative à la transformation des zones exposées aux risques de catastrophe (Afet Riski Altındaki Alanların Dönüştürülmesi Hakkında Kanun), complétée par son règlement d'application. Pour le constat, la démolition et la reconstruction des bâtiments à risque, ainsi que pour la manière dont les propriétaires prennent leurs décisions pendant ce processus, la loi pose des règles spéciales qui dérogent au droit commun.
Le constat de bâtiment à risque (riskli yapı tespiti) est un examen technique réalisé par des institutions et organismes agréés par la Présidence de la transformation urbaine (Kentsel Dönüşüm Başkanlığı), rattachée au ministère de l'Environnement, de l'Urbanisme et du Changement climatique. En règle générale, la demande peut être présentée par l'un des propriétaires ou par son représentant légal ; la Présidence et les administrations compétentes peuvent également faire réaliser le constat. Le résultat est communiqué au bureau du registre foncier (tapu müdürlüğü) et une mention « bâtiment à risque » est portée au registre foncier. Le procès-verbal de constat est affiché sur le bâtiment, notifié aux propriétaires via e-Devlet, le portail officiel de l'administration turque, et publié pendant 15 jours au bureau du muhtar (muhtarlık), le chef élu du quartier ; le constat est réputé notifié aux propriétaires le dernier jour de cette publication.
Les propriétaires ont le droit de contester le constat de bâtiment à risque, et ce recours est enfermé dans un délai court. Le recours (itiraz) est formé par requête écrite dans les 15 jours suivant le dernier jour de la publication au bureau du muhtar, auprès de la direction provinciale de l'Environnement, de l'Urbanisme et du Changement climatique du lieu où se trouve le bâtiment ou, en cas de délégation de compétence, auprès de l'administration concernée ; il est examiné par des commissions techniques. Le délai commence à courir sans attendre qu'un autre document vous parvienne : renseignez-vous donc immédiatement sur la date de publication et vérifiez le texte en vigueur. À ce stade, attendre pour réfléchir est l'erreur la plus coûteuse.
Un recours exige le plus souvent une évaluation technique indépendante réalisée par un ingénieur. Il ne suffit pas d'affirmer que « le bâtiment semble solide » : les résultats des carottages, le relevé des armatures et la méthode d'analyse doivent être discutés sur le plan technique.
Une fois le constat devenu définitif, un délai est accordé aux propriétaires pour démolir le bâtiment. Si la démolition n'est pas effectuée dans ce délai, l'administration peut demander la coupure de l'électricité, de l'eau et du gaz naturel et faire procéder elle-même à la démolition. Depuis la modification de 2023, la loi prévoit pour ce délai un plafond de quatre-vingt-dix jours ; le délai concret figure dans la notification et c'est cette date qui doit être retenue. Une fois la démolition réalisée, il devient en pratique impossible de contester l'état technique du bâtiment : la décision de former un recours ou d'agir en justice doit donc être prise avant la démolition.
Dans un bâtiment déclaré à risque, la décision de reconstruction n'exige pas l'unanimité : la loi permet de la prendre à la majorité absolue des propriétaires, calculée en proportion de leurs quotes-parts. Cette règle vise à empêcher qu'un seul propriétaire bloque le projet indéfiniment, mais elle a des conséquences sérieuses pour le propriétaire resté minoritaire.
Pendant longtemps, cette majorité a été appliquée sous la forme d'une majorité des deux tiers (2/3) des quotes-parts. La modification apportée en 2023 par la loi n° 7471 a abaissé ce seuil à la majorité absolue des quotes-parts. Le seuil, la procédure de convocation à l'assemblée et le mode de notification ayant une incidence directe sur la validité de la décision, vérifiez impérativement le texte en vigueur de la loi et du règlement avant toute démarche contre la décision.
En règle générale, la quote-part du propriétaire qui n'adhère pas à la décision est vendue aux enchères, à un prix qui ne peut être inférieur à sa valeur vénale, en priorité aux autres propriétaires ayant adhéré à la décision. La valeur vénale est déterminée par des sociétés d'évaluation agréées par le Conseil des marchés de capitaux (Sermaye Piyasası Kurulu). Si les autres propriétaires n'acquièrent pas la quote-part, la loi permet à l'administration de l'acheter ou de l'acquérir par d'autres moyens. La procédure et l'ordre de la vente peuvent également avoir été touchés par les dispositions adoptées depuis 2023 ; il faut donc se reporter au texte en vigueur dans chaque dossier.
L'erreur fréquente consiste à se contenter de ne pas signer, sans contester la décision. Ne pas adhérer à la décision n'est pas un moyen de protéger ses droits. Il faut exercer dans les délais une voie de droit contre la décision elle-même, contre le rapport d'évaluation ou contre la vente.
Dans la transformation urbaine, la perte de droits survient le plus souvent dans le contrat de construction en contrepartie d'appartements, car toute la relation entre les propriétaires et l'entrepreneur repose sur ce document. Ce contrat combine les règles du contrat d'entreprise (eser sözleşmesi) du Code turc des obligations n° 6098 et une promesse de vente immobilière. Comme il contient une promesse de cession de quote-part de terrain, il doit être établi devant notaire en la forme authentique (düzenleme şeklinde) ; un simple écrit sous seing privé ou un « protocole » ne remplit pas cette condition de forme. Vous trouverez les règles générales en la matière sur notre page contrats et droit des obligations.
La cession de la quote-part de terrain à l'entrepreneur et la proportion des lots (bağımsız bölüm) qui resteront aux propriétaires sont au cœur du contrat. Il ne suffit pas que le contrat mentionne un « partage à 50 % ». Il doit indiquer clairement quel appartement revient à qui, avec l'étage, l'orientation, la surface nette en mètres carrés et la quote-part de terrain prévue dans la servitude de copropriété (kat irtifakı). Si les appartements sont attribués par tirage au sort, la procédure du tirage doit aussi être précisée.
Si le délai de livraison reste imprécis, le retard devient plus difficile à prouver. Le point de départ du délai (par exemple l'obtention du permis de construire ou la date de démolition), son terme, les cas considérés comme force majeure et leur effet sur le délai doivent être énumérés un par un. Des formules telles que « l'entrepreneur livrera dans les plus brefs délais » n'offrent aucune protection au propriétaire.
La clause pénale (ceza koşulu) fixe à l'avance le montant que l'entrepreneur versera pour chaque mois de retard et allège la charge du propriétaire, qui n'a plus à prouver séparément son préjudice. Prévoir un montant au moins égal aux loyers pratiqués pour des biens comparables dans le quartier, assorti d'une clause de réévaluation, limite la perte de valeur lorsque les travaux durent longtemps. Lors de la livraison, veillez à réserver expressément votre droit à la clause pénale.
Transférer la totalité de la quote-part de terrain à l'entrepreneur dès la signature du contrat constitue le risque le plus important pour le propriétaire. À la place, on peut recourir à des mécanismes tels que le transfert du titre de propriété au fur et à mesure de l'avancement des travaux (transfert échelonné), l'obtention d'une caution bancaire (teminat mektubu) ou la constitution d'hypothèques au profit des propriétaires sur les lots revenant à l'entrepreneur.
Dans le cadre de la loi n° 6306, une aide au logement temporaire ou au loyer peut être accordée aux propriétaires et, sous certaines conditions, aux locataires ; les montants et les durées sont mis à jour périodiquement par le ministère. L'aide de l'État et le loyer pris en charge par l'entrepreneur sont deux choses différentes. Le contrat doit indiquer clairement si l'entrepreneur paiera en plus un loyer, son montant, son mode de revalorisation et ce qui se passe en cas de retard.
Lorsque l'entrepreneur fait faillite ou abandonne les travaux en cours de route, les quotes-parts de terrain qui lui ont été cédées de manière anticipée peuvent faire l'objet de saisies et de procédures de faillite engagées par ses créanciers. Les propriétaires se retrouvent alors à la fois avec un bâtiment inachevé et avec des créanciers tiers inscrits au registre foncier. Si le droit de se départir du contrat, la restitution des quotes-parts cédées et les conditions de reprise avec un nouvel entrepreneur ne sont pas convenus à l'avance, le problème peut durer des années. Pour l'aspect construction du litige, vous pouvez consulter notre article droit de la construction et litiges de construction.
Avant de signer, vérifiez que le contrat contient les clauses suivantes :
Chacun de ces points pèse différemment selon l'emplacement du bâtiment, le nombre de propriétaires et la solidité financière de l'entrepreneur. Ceux qui doivent être négociés dans votre dossier s'apprécient en lisant ensemble le projet de contrat et les inscriptions au registre foncier ; un avocat peut les examiner avec vous lors d'un court entretien.
La durée d'un projet de transformation urbaine, du constat à la remise des clés, varie fortement selon le bâtiment, le nombre de propriétaires et l'entrepreneur ; les fourchettes ci-dessous ne donnent qu'un ordre d'idée.
En cas de litige, ce calendrier s'allonge. Une procédure administrative peut souvent dépasser un an en première instance ; une action en paiement contre l'entrepreneur ou une action en annulation de titre de propriété (tapu iptal davası) peut aussi durer plusieurs années. Les clauses du contrat relatives au loyer et à la clause pénale doivent donc être rédigées de manière à couvrir un éventuel retard.
Le constat de bâtiment à risque, le rejet du recours contre ce constat, les actes de démolition et d'évacuation ainsi que les autres actes administratifs pris en application de la loi n° 6306 peuvent faire l'objet d'un recours en annulation (iptal davası) devant les tribunaux administratifs (idare mahkemesi). Selon l'article 7 de la loi n° 2577 sur la procédure administrative contentieuse (İYUK), le délai général pour saisir les tribunaux administratifs est de 60 jours à compter de la notification écrite, lorsqu'une loi spéciale ne prévoit pas un délai différent.
La loi n° 6306 prévoit en revanche un délai spécial et plus court pour agir contre les actes administratifs liés à son application : 30 jours à compter de la notification. Comme la question de savoir quel acte relève de quel délai peut être discutée, la voie la plus sûre consiste à retenir le délai court et à agir rapidement dès la notification. Une demande de sursis à exécution (yürütmeyi durdurma) peut également être présentée avec la requête ; une fois la démolition effectuée, cette demande perd l'essentiel de son intérêt pratique.
Les litiges entre copropriétaires et ceux qui opposent les propriétaires à l'entrepreneur relèvent en règle générale des juridictions judiciaires, c'est-à-dire des tribunaux civils de première instance (asliye hukuk mahkemesi) ou des tribunaux civils de paix (sulh hukuk mahkemesi). Pour les litiges découlant de la loi sur la copropriété (Kat Mülkiyeti Kanunu), saisir un médiateur avant toute action en justice est une condition de recevabilité (dava şartı) en vertu de l'article 18/B de la loi n° 6325 sur la médiation (arabuluculuk) dans les litiges civils. Il est important de savoir quel litige relève de quel ordre de juridiction, afin de ne pas perdre de temps devant un tribunal incompétent. Pour des informations générales sur les litiges immobiliers, vous pouvez consulter notre page droit immobilier.
Les locataires et les titulaires de droits réels restreints (sınırlı ayni haklar), comme l'hypothèque, l'usufruit ou le droit d'habitation, sont eux aussi directement touchés par la transformation urbaine, mais leur situation diffère de celle du propriétaire. En règle générale, la relation locative prend fin avec l'évacuation et la démolition du bâtiment à risque. Le locataire peut, sous certaines conditions, obtenir une aide au loyer du ministère. Le montant et la durée de cette aide étant fixés périodiquement, il faut se renseigner sur les informations à jour auprès de la direction provinciale de l'Environnement, de l'Urbanisme et du Changement climatique.
Les droits réels restreints comme l'hypothèque, ainsi que les annotations inscrites au registre foncier, sont en pratique reportés sur les nouveaux lots. Le lot sur lequel ce report s'effectue et la proportion retenue dépendent toutefois de l'accord entre les propriétaires, l'entrepreneur et le titulaire du droit. Si votre ancien appartement est grevé d'une hypothèque bancaire, en discuter avec la banque dès le début de la procédure évite des problèmes de crédit et d'attribution.
Dans les dossiers que nous examinons à Istanbul au Cabinet d'avocats Karanfiloglu, le problème le plus fréquent est que les propriétaires signent le contrat sur la base du projet préparé par l'entrepreneur, sans demander la moindre modification. Les autres erreurs typiques sont les suivantes :
En résumé, la perte de droits dans la transformation urbaine peut être évitée dans une large mesure en surveillant les délais, en rendant le contrat écrit et détaillé et en subordonnant le transfert du titre de propriété à une sûreté. La réglementation ayant été modifiée en 2023, il faut se fonder à chaque étape sur le texte en vigueur.
Si vous souhaitez obtenir un avis sur votre situation, le Cabinet d'avocats Karanfiloglu est un cabinet inscrit, établi à Istanbul, qui accompagne des clients turcs et étrangers dans toute la Turquie. Vous pouvez nous joindre par téléphone ou WhatsApp au +90 532 659 35 11, par e-mail à karanfiloglu.lawyer@gmail.com, ou vous rendre à notre bureau situé Merkez Mah. Hasat Sk. No:12, 34384 Şişli / İstanbul. Pour parler de votre situation, contactez-nous.
La première étape consiste à connaître la date de publication du constat de bâtiment à risque au bureau du muhtar et à calculer le délai de recours à partir du dernier jour de cette publication. Vous devez ensuite vérifier votre inscription au registre foncier et faire examiner le projet de contrat avant de signer le moindre document avec l'entrepreneur.
Le délai de recours est de 15 jours et court à partir du dernier jour de la publication de 15 jours du constat au bureau du muhtar, c'est-à-dire de la date à laquelle il est réputé notifié. Le recours est formé par requête auprès de la direction provinciale ou, en cas de délégation de compétence, auprès de l'administration concernée ; vous devez vérifier le texte en vigueur pour votre dossier.
La quote-part du propriétaire qui n'adhère pas à la décision peut, en règle générale, être vendue aux enchères, à un prix qui ne peut être inférieur à sa valeur vénale, en priorité aux autres propriétaires. Il ne s'agit pas d'une confiscation sans contrepartie, mais si vous n'exercez pas dans les délais une voie de droit contre l'évaluation et la vente, il devient difficile de modifier l'issue.
La décision est prise à la majorité absolue, calculée en proportion des quotes-parts. Ce seuil a longtemps été appliqué sous la forme d'une majorité des deux tiers ; en 2023, la loi n° 7471 l'a abaissé à la majorité absolue. La procédure de convocation à l'assemblée et de notification ayant elle aussi une incidence sur la validité de la décision, vous devez vérifier le texte de la loi en vigueur à la date de la décision.
Oui, le contrat de construction en contrepartie d'appartements qui contient une promesse de cession de quote-part de terrain doit être établi devant notaire en la forme authentique. Les protocoles sous seing privé peuvent poser des problèmes de validité pour la cession de la quote-part de terrain.
En cas de faillite de l'entrepreneur, les quotes-parts de terrain qui lui ont été cédées à l'avance peuvent faire l'objet de réclamations de ses créanciers. Si le contrat prévoit un transfert échelonné, des sûretés et la restitution des quotes-parts en cas de résiliation, la protection dont dispose le propriétaire est bien plus solide.
Même si la relation locative prend fin avec l'évacuation du bâtiment à risque, le locataire peut, sous certaines conditions, obtenir une aide au loyer du ministère. Le montant et la durée de l'aide sont mis à jour périodiquement ; pour la demande, adressez-vous à la direction provinciale.
Devant la juridiction administrative, le délai général est de 60 jours selon l'article 7 de l'İYUK, mais la loi n° 6306 prévoit un délai spécial plus court pour ses propres actes. Selon la loi, ce délai est de 30 jours à compter de la notification ; il faut agir en se fondant sur ce délai court.
Kaan Karanfiloğlu est le fondateur du Cabinet d'avocats Karanfiloglu, un cabinet d'avocats inscrit, établi à Istanbul, qui accompagne des clients turcs et étrangers dans toute la Turquie. Avocat inscrit au barreau d'Istanbul (n° 58270) et à l'Union des barreaux de Turquie (Türkiye Barolar Birliği, n° 133074), il est également médiateur inscrit sous le numéro 41909. Il exerce la profession d'avocat en Turquie depuis 2017. Diplômé en 2016 de la faculté de droit de l'Université Galatasaray, il conseille ses clients en turc, en anglais et en français ; le cabinet accompagne aussi les clients russophones et sinophones par l'intermédiaire de conseillers présents au bureau, dont ces langues sont la langue maternelle.
Avertissement : cet article fournit des informations générales sur le droit turc et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois, les règlements, les frais officiels et les procédures évoluent avec le temps, et chaque situation est différente. Pour un conseil adapté à votre situation, veuillez consulter un avocat. Aucune responsabilité n'est acceptée pour un quelconque préjudice résultant de l'utilisation des informations contenues dans cet article.
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